Des petites phrases anodines qui assassinent

Des petites phrases anodines qui assassinent

 

Il n’y a pas d’enfant difficile, ce qui est difficile, c’est d’être un enfant dans un monde où les personnes sont fatiguées, occupées, sans patience et pressées.

J’ouvre mon Facebook ce matin et sur mon mur, je tombe sur cette phrase. Elle m’interpelle.

 

Comment peut-on laisser penser qu’il n’y a pas d’enfants difficiles ? Tous les enfants seraient donc faciles ? Les personnes qui s’en occupent et qui estiment qu’ils sont difficiles sont toutes forcément pressées, occupées, fatiguées et sans patience ?

 

C’est vrai qu’au premier abord, on a tendance à trouver que c’est une jolie phrase, non ? Personnellement, deux points essentiels me dérangent.

 

 

Il n’y a pas d’enfants difficiles.

Ah, bon ? Les enfants sont tous faciles ?

 

J’imagine ce que peuvent penser un grand nombre de parents d’enfants, par exemple, ayant un TDAH. Vivre avec un enfant TDAH n’est pas toujours facile, parce que généralement, ils ne sont pas des enfants faciles en matière de comportement : agitation, colère, agressivité, impulsivité… Ou encore les enfants présentant un TOP (Trouble Opposition Provocation). Ces enfants ne sont pas des enfants faciles. Ils sont hors normes, autrement dit en matière de comportement la plupart du temps en dehors de la norme attendue. D’ailleurs, ils demandent bien souvent une éducation particulière.

 

Lire : Mieux comprendre le TDAH

 

La culpabilité des parents

Donc, si je ne trouve pas que mon enfant soit facile, je suis forcément un parent fatigué, occupé, sans patience et pressé. Quelle violence et quelle culpabilité pour les parents qui ont justement des enfants difficiles ! Quelle image cette petite phrase leur renvoie-t-elle : celle d’un parent défaillant, autrement dit celle d’un mauvais parent.

 

Je rencontre un certain nombre de parents qui doutent d’être de bons parents. Ils se culpabilisent beaucoup : être trop comme cela, pas assez comme ça, ne pas être là, être trop présent… mais, tous ceux que j’ai rencontrés se questionnaient et surtout souhaitaient que leurs enfants soient épanouis et heureux.

Il est douloureux pour les parents de se sentir en situation d’échec face à leur enfant. Or, pour pouvoir être dans une relation bienveillante avec son enfant, il faut avoir une certaine confiance dans son rôle de parent, il faut également s’estimer être un bon parent pour son enfant ou tout au moins un « bon » parent en devenir.

 

Développer des compétences hors normes

Etre un bon parent avec un enfant dit « facile » est sûrement facile et nettement moins fatigant physiquement et nerveusement. Les parents d’« enfants moins faciles » développent des stratégies et des trésors de créativité et d’imagination pour que cet enfant (moins facile donc) semble être un enfant facile. Est-ce facile ?

Non, ce temps demande un vrai travail sur soi-même et sur son rôle de parent. Ils deviennent donc des parents aux compétences hors normes avec des enfants (hors normes).

 

Une part de vérité

Bien sûr que les enfants sont toujours plus faciles lorsque vous n’êtes pas fatigués, vous avez alors une meilleure capacité à accepter certains débordements ou tout au moins à les recadrer avec un regard bienveillant.

Lorsque vous êtes occupés à rédiger un courrier important, le style de courrier urgent et qui vous demande une attention toute particulière, et que le petit 2ème vous demande pile à ce moment-là « pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi il n’est pas vert ? » et que vous avez beau lui expliquer que vous devez finir ce courrier avant de lui répondre…

Les enfants sont aussi plus faciles, lorsque nous ne sommes pas pressés. Quand vous devez partir dans 5 minutes et que votre petit dernier a décidé que ce matin d’hiver, il voulait partir en tong à l’école, le temps vous presse pour lui expliquer que ce n’est pas possible.

 

En conclusion,

Un enfant n’est pas toujours un enfant facile. C’est lorsque vous êtes fatigués, occupés et pressés, vous êtes moins patient. Il est alors difficile d’être un enfant et d’être un parent.

 

Lire : La bienveillance comme par soi-même

 

Je me demande donc si un enfant facile ne serait-il pas simplement celui qui a un parent qui accepte de ne pas être parfait, d’être bienveillant avec son enfant et avec lui-même aussi ?

 

 

Fermer le menu
%d blogueurs aiment cette page :