Privilégier leur attention

Privilégier leur attention

 

La semaine dernière, dans l’article « Attention à mon attention« , j’ai évoqué les différents éléments qui peuvent favoriser et également nuire à la qualité de notre attention. Je vous ai expliqué qu’il y avait des liens étroits entre les habitudes, les émotions, l’objectif que nous nous fixons et notre état attentionnel. Voyons ensemble comment privilégier cette attention… si fragile.

 

Vers une meilleure attention

Comment faire pour préserver au maximum notre attention ? L’attention est essentielle lors des apprentissages.  Elle est aussi considérée comme la base du processus de mémorisation.

 

Quand utilisons-nous notre attention ?

La durée de la concentration est variable d’un individu à l’autre. Elle varie également selon la difficulté de la tâche que nous devons accomplir. Elle fluctue aussi selon notre disponibilité (disponibilité cognitive, disponibilité émotionnelle, disponibilité énergétique[1]).

 

Améliorer son attention : comment ? 

 

Vous avez sûrement déjà lu qu’il fallait :

 

– Éviter les distracteurs :

Autrement dit travailler dans un environnement calme : pas de bruit, pas de stimulus visuel, … À l’école comme cela se traduit : l’élève est mis au premier rang et entouré d’élèves calmes pour éviter d’être distrait par Paul qui bouge, Emilie qui bavarde, Loïc cherche constamment quelque chose dans son casier…  Et c’est également éviter le stylo fantaisie surmonté par exemple par une sorte de mini peluche, la gomme qui sent la fraise, la règle à l’effigie du super héros du moment… et donc un bureau dépourvu de tout matériel superflu.

Plus il y a de sollicitations, plus il faudra faire un effort pour maintenir son attention et, donc plus la fatigue s’installera rapidement.

– Faire des pauses :

Votre attention ne dure pas un temps illimité. À vous de mesurer la durée de votre attention pour apprendre à faire des pauses au bon moment. Rechargez les batteries n’est pas une perte de temps et permet au contraire de vous en faire gagner.

 

et aussi d’autres choses que l’on découvre en comprenant bien le fonctionnement de l’attention :

 

° Couper l’objectif final en plusieurs objectifs :

Pour rappel : la réalisation de l’objectif que je me suis fixé est liée à mon système exécutif (en savoir plus sur les fonctions exécutives). Je vais donc mettre mon attention sur l’objectif que je me suis fixé au moment où je me le suis fixé. Les autres éléments de mon environnement ne viennent pas me distraire de cet objectif. Il faut donc que je mette de côté les informations non-intéressantes pour réaliser mon objectif (inhibition).

 

orange découpée
Je ne peux pas manger une orange entièrement d’un seul coup. Pour la manger, je vais devoir la couper en morceaux. Il y a certaines tâches que je ne peux réaliser d’un seul coup. En fractionnant cette tâche, je me donne des objectifs réalisables et je suis donc bien plus motivé pour les atteindre.

 

Si l’objectif est d’écouter pendant 1 heure un cours et que je ne suis pas en capacité de le faire. Ou encore, si je compte faire mes 9 exercices de mathématiques en une seule fois et que je suis fatigué. L’objectif n’est pas réalisable. Ce n’est pas motivant. En fait, cela n’active pas mon système de récompense et je ne ressens donc pas de plaisir, car  l’objectif que je me suis fixé est voué à l’échec. Je me retrouve, donc en échec à chaque fois que j’essaye et je n’ai, au bout d’un moment, même plus envie d’essayer.

 

° Mettre de côté les situations de double tâche :

La notion de double tâche impose de comprendre la notion d’automatisation. Lorsqu’une tâche est automatisée, le coût attentionnel est quasi nul.

 

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surchage livre

  » Notamment, l’attention a permis de comprendre que les phénomènes de charge sont liés :

–  au coût attentionnel de la tâche, qui est d’autant plus faible que les traitements qu’elle implique sont automatisés ;

–  au partage attentionnel, qui est d’autant plus important qu’il y a des interférences avec la tâche principale, notamment si la tâche principal et interférences sont coûteuses et proches par les traitements sensoriels et cognitifs qu’elles impliquent. « 

 

 Extrait de « La surcharge cognitive : théories et applications » 

de Lucile Chanquoy, André tricot, John Sweller

Nous sommes donc en situation de double tâche lorsque nous réalisons simultanément des tâches qui ne sont pas automatisées. Cette situation de double tâche nous épuise, car elle vient pomper nos ressources et notamment nos ressources attentionnelles. Nous sommes alors en souffrance, car notre cerveau est surchargé par les actions qu’il doit réaliser.

Autrement dit, notre cerveau n’est pas fait pour fonctionner en multi-tâche si les tâches ne sont pas automatisées.

Chez les enfants, cela se traduit comment ?

Lorsque l’on est dyslexique, on a un retard de lecture, car l’acte de lire ne s’est pas automatisé. Lire et faire autre chose en même temps met donc en situation de double tâche.

Lorsque l’on est dyspraxique, l’écriture n’est pas automatisée (dysgraphie). Ecrire et faire autre chose met donc en situation de double tâche. Il n’est donc pas possible d’écrire et d’orthographier les mots correctement par exemple.

Lorsqu’on est dysphasique, écouter le professeur est une tâche qui n’est pas automatisée. En effet, chez le dysphasique, le langage oral (en émission ou/et en réception) ne se développe pas normalement. Ecouter un professeur et prendre des notes est un situation de double tâche.

Il convient donc de se questionner sur la situation de double tâche qui bloque l’apprentissage pour l’éliminer.

 

schema surcharge

 

° Couper les consignes en consignes simples :

Nombreuses sont les consignes qui en comptent plusieurs. Par exemple : Employer les mots proposés dans une phrase et trouver un synonyme; Soulignez les verbes et donnez le temps employé; Recopier la phrase ci-dessous pour souligner les verbes conjugués et entourer leur sujet; résumer les arguments de l’auteur et expliquez-les; en utilisant les différents documents à votre disposition, expliquer la fonction du citoyen et l’importance des différentes institutions permettant la mise en place d’une démocratie; 

Alors comment faire ?

consignes

 

Utiliser les stabilos est l’une des techniques qui permet de fractionner les consignes.

 

° Favoriser la rigueur dans l’organisation :

Plus vous êtes organisés dans votre travail, moins vous utiliserez votre attention.

1°) Avant de commencer une tâche, il convient de se demander de quoi vous aurez besoin :

– stabilos

– calculatrice

– livre, dictionnaire

-règle, compas, crayon à papier, gomme…

et sortez toutes les affaires nécessaires. Posez-les à côté de vous, à disposition.

2°) Définissez votre temps de travail

Plus exactement savez-vous combien de temps êtes-vous capables d’avoir une attention de bonne qualité ? Si non, mesurez-le. Réduisez-le si vous êtes fatigués.

Une fois votre temps défini, utilisez un time timer.

timetimer
Pour savoir où trouver un time time, cliquez sur l’image.

 

3°) Mettez-vous rapidement au travail après avoir réaliser les deux premiers points. La mise en route est souvent une étape clé.

4°) Une fois votre tâche terminée, encouragez-vous ! « C’est cool, tu as fini cette tâche ; tu es vraiment un élève très appliqué »

 

 

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Motivation is what gets you started. 

Habit is what keeps you going.

 

La motivation vous permet de commencer.

L’habitude est vous encourage à continuer. 

« 

 

« 

 

Jim Ryun

3 records du monde

 

[1] :  Disponibilité cognitive : être disponible pour accorder son attention sur d’autres informations pertinentes outre que celles directement disponible. C’est l’exemple du mot que nous avons sur le bout de la langue bien que correctement stocké dans notre mémoire. Ce mot est momentanément indisponible ; Disponibilité émotionnelle : fluctue selon nos ressentis et notre état émotionnel ; Disponibilité énergétique : varie suivant les ressources physiques disponibles.

 

 

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