Dyslexie, dyspraxie, TDAH, dysphasie, EIP : dans de bonnes conditions d’apprentissage

 

En 1969, Paul Mac Lean introduit un outil théorique qui est basé sur l’évolution du cerveau suivant l’évolution des espèces, autrement dit la structure anatomique de notre cerveau  est obtenue en fonction de notre évolution. Même si cette théorie dite du cerveau triunique est discutable, il n’en reste pas moins que cette évolution cérébrale a subi des réorganisations et remaniements importants au cours des millénaires.

Il décrit cette évolution en trois grandes étapes qu’ils représentent comme des couches successives.

 

Les différentes couches du cerveau triunique

 

–          Le cerveau reptilien :

C’est notre cerveau primitif. Il assure nos besoins fondamentaux autrement dit fait appel à notre instinct de survie.  Pour bien comprendre le concept, posons-nous la question des besoins d’un lézard ? Dans sa vie de lézard, de quoi a-t-il besoin ?

  • De manger
  • De boire
  • De dormir
  • De réguler sa température
  • D’être en sécurité (par rapport à ses prédateurs)
  • De se reproduire (pour la survie de son espèce)

Notre cerveau reptilien fait donc appel à tous ses besoins.

 

–          Le cerveau limbique :

C’est notre cerveau émotionnel. Il serait apparu avec les premiers mammifères. Il est responsable  des émotions.

Qu’est-ce qu’une émotion ? Une émotion est un état affectif plus ou moins intense survenant à la suite d’un stimulus.

Quelles sont les émotions ? La colère, la joie, la tristesse, l’amour, la honte, …

 

–          Le cerveau « Néo-cortex » :

C’est le cerveau des apprentissages. Il est le siège du raisonnement.

 

Comment être en bonnes conditions pour apprendre ?

 

L’information que je reçois passe d’abord par le cerveau reptilien ; autrement dit, il faut que mes conditions de survie soient respectées. Je ne dois donc pas avoir faim, ni avoir sommeil, ni soif, ni me sentir en insécurité. Si toutes ces conditions sont réunies, l’information passe alors dans le cerveau limbique ; autrement dit mon état émotionnel va analyser mon environnement. Je dois me sentir dans une situation agréable. Si la situation me semble agréable, l’information passe alors dans le cortex.

 

Que se passe-t-il si j’ai faim ?

C’est le cas de nos écoliers, je pense notamment à ceux qui finissent à 12h30 ou ceux qui ne prennent pas le temps de déjeuner le matin.

Le cerveau reptilien s’exprime. L’information est freinée, voire bloquée et ne passe pas dans les autres étages.

Ventre affamé n’a pas d’oreilles

 

Il est donc important de prendre en compte les différents besoins de notre cerveau reptilien pour être en bonnes conditions:

  • Ne pas avoir faim : prévoir une barre de céréales pour ceux qui ne déjeunent pas correctement ou ceux qui finissent tard.
  • Ne pas avoir sommeil : rappelons que le sommeil est un élément extrêmement important notamment en termes de vigilance et donc d’attention
  • Ne pas avoir soif
  • Ne pas avoir envie d’aller aux toilettes : petite note pour les enseignants, laissez aller vos élèves aux toilettes même pendant les cours. Votre objectif est qu’ils retiennent la notion que vous essayer de leur faire passer, or en les laissant se dandiner sur leur chaise, ils ne sont plus en conditions d’apprentissage.

Si ces conditions de base ne sont pas respectées, l’information est freinée.

 

 

Que se passe-t-il si l’on vous humilie ou que l’on vous menace?

Votre cerveau reptilien prend cette information comme une agression et sa réaction est de maintenir votre survie. L’information communique avec notre cerveau limbique, vous êtes en colère. Vous ressentez alors une pulsion qui est fortement liée à votre survie et également à votre environnement émotionnel (autrement dit ce que nous ressentons pour cette personne). Cette pulsion peut donc être refreinée ou au contraire amplifiée. Si les émotions prennent alors le dessus et des mots sortent,  par exemple sous forme d’insultes. Votre cortex, lié aussi à vos apprentissages éducatifs, vous permettra ou non de laisser sortir les mots.

Se sentir en sécurité est un besoin fondamental pour être en bonnes conditions d’apprentissage.

 

Et quand on est amoureux ?

Qui n’a jamais vu nos adolescents avec des cœurs plein les yeux, complètement envahis par leur sentiment amoureux. Ils sont alors clairement dans le cerveau limbique ! Et si certes, cette émotion est ressentie comme agréable, son intensité vient complètement envahir et freiner le passage des autres informations. Ils sont effectivement dans leur « monde » ou sur un « petit nuage ».

L’amour rend aveugle.

 

Prendre en compte les différents aspects de notre cerveau limbique :

Notre cerveau limbique fait une sorte de classement : agréable / désagréable.

S’il juge que c’est agréable, il laisse passer l’information. Si cette information est jugée comme très agréable, elle va être envoyée très rapidement à l’étage supérieur et donc traitée en urgence.

C’est ce que font les entraîneurs avant les matchs. Ils envoient à leur équipe des messages positives et donc très agréable : « on va gagner, on est les meilleurs !».

Si au contraire, notre cerveau limbique juge l’information désagréable, il la bloque et elle n’accède pas au cortex ou tout au moins pas correctement. Par exemple, si l’on vous a répété que vous étiez nul en math, votre cerveau a intégré cette information. Quand vous vous retrouvez face à votre exercice de mathématiques, votre cerveau limbique juge automatiquement l’information comme désagréable. Vous êtes quasiment sur de ne pas réussir à réaliser cet exercice ! Pour un peu que cette information désagréable ait été couplée avec des remarques déplaisantes de votre prof de math, votre cerveau limbique décide définitivement que cette information est très désagréable !! L’échec est presque assuré.

 

Cercle positif

 

Positiver, c’est envoyer des messages agréables à son cerveau limbique :

 

Plus vous enverrez des messages positifs à votre cerveau limbique, plus vous vous mettrez dans des conditions favorables, voire agréables.

– Je vais y arriver : « à cœur vaillant, rien d’impossible »

– C’est un nouveau chapitre, cet exercice est tout à fait faisable…

Sachant que pour notre cerveau, toute pensée est un ordre quand je me dis que je n’y arriverai pas, je dis directement à mon cerveau de ne pas y arriver. Avoir des pensées positives change mon état d’esprit et donc influence mon cerveau limbique. Il me rend clair pour prendre des décisions rationnelles et donc faire appel à tous mes apprentissages acquis.

 

Pour vous aider dans cette direction, voici une pensée positive :

 

Il y a bien des choses qui me paraissent impossibles

que tant qu’on ne les a pas tentées.

André Gide.

 

 

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