Les fonctions exécutives ou

comment s’adapter à la nouveauté

 

Les fonctions exécutives, nous en entendons souvent parler. Mais qu’est-ce que c’est ? Quels impacts quand elles dysfonctionnent ? Quelles relations avec les troubles « dys » ? Quelles sont leurs retentissements au niveau scolaire ? au niveau social et familial ?

 

Découvrons ensemble ce que sont les fonctions exécutives. 

 

Où se situent-elle dans notre cerveau ?

Ces fonctions sont essentiellement dans les lobes frontaux (cortex pré-frontal). Certaines études montrent aussi que d’autres régions peuvent être impliquées. 

 

A quoi servent-elles ?

 

Fonctions exécutives et attention sont intimement liées.

Les fonctions exécutives correspondent aux capacités nécessaires à une personne pour s’adapter à des situations nouvelles, c’est-à-dire non routinières, pour lesquelles il n’y a pas de solution toute faite.

 

Par exemple, lorsque j’allume la lumière dans ma chambre en appuyant sur l’interrupteur, je ne suis pas dans le cadre d’une situation nouvelle. Cette situation est routinière, quotidienne, voir multi-quotidienne. J’ai automatisé ce geste, je n’ai plus besoin de réfléchir et donc cela me demande très peu d’attention. Ce geste est réalisé de manière automatique.

 

Allumer la lumière est un geste quotidien, automatisé, demandant peu d’attention.

 

 La situation devient routinière lorsqu’elle se répète fréquemment, j’ai donc appris comment y répondre et sait comment y répondre. Ces situations réalisées automatiquement ne demandent pas de réflexion et donc peu d’attention.

 

Néanmoins, nous sommes tous sujet à des situations non routinières, des situations pour lesquelles nous n’avons pas mis en place d’automatismes. Ces situations vont faire appel à nos fonctions exécutives car elles demandent l’élaboration d’un plan pour réaliser la tâche. Des capacités sont alors nécessaires telles que :

–       L’inhibition : pour réaliser cette nouvelle tâche, il faut renoncer à certaines et résister.

–       La planification : s’organiser pour gérer cette nouvelle tâche en définissant des priorités et de se tenir à cette organisation.

–       La flexibilité : être capable de modifier son point de vue, son comportement, de se corriger pour réaliser cette nouvelle tâche. Il va falloir s’adapter.

–       L’attention : une situation nouvelle fait appel à notre attention.

C’est l’ensemble de ces capacités qui vont nous permettre de mettre en place une stratégie qui permettra la réalisation de la tâche visée.

 

 Stratégie

 

Quand elles dysfonctionnent. 

 

Quand elles dysfonctionnent, on entend parler de troubles desexécutifs, syndrome du lobe frontal, trouble de la régulation, dérégulation, syndrome frontal…

 

Des exemples :

 

Nicolas a 10 ans, il est scolarisé et rentre le soir avec des devoirs à faire. Avec Nicolas, devoirs sont souvent synomymes de « galère en perspective »

Les devoirs = une galère en perspective

« Tiens, j’ai des devoirs : 2 exo de math, 1 de français, un contrôle d’histoire. J’ouvre mon cartable et je tombe sur le cahier d’histoire… ça tombe bien j’ai interro demain. Je sors mon cahier… et puis, j’ai faim. Après tout, c’est l’heure du gouter. Je vais donc gouter. Quand je retourne dans ma chambre. Je trouve mon agenda ouvert sur mon bureau : 2 exo de math. Je cherche mon cahier de math et mon livre. Je commence à faire mon exo de math… mais j’aime pas trop les math, alors je décide de commencer par le français. Je sors le livre de français, mon cahier et commence à faire l’exercice. « Mettre au passé composé les verbes en gras et souligner le sujet des verbes conjugués ». Je commence à faire mon exercice mais comme je n’ai pas sorti ma règle, je me dis que je soulignerai les sujets après… et j’oublie de souligner les sujets. Je pense avoir fini mon exo de français. Je reprends mon cahier de math mais je ne retrouve pas mon livre de math. Je le cherche. En le cherchant je tombe sur mes « playmobils ». Tiens, mon « playmobil » préféré n’a plus son chapeau. Je cherche son chapeau et commence à jouer. Maman entre dans ma chambre, elle me demande où j’en suis… mes devoirs… oulala, elle ne va pas être contente maman. Elle regarde mon agenda et me demande où j’en suis. Où j’en suis ? j’en sais rien… je lui réponds que j’ai fait mon français et que je ne comprends pas mes math. Elle me demande de sortir mon livre de math ; celui que je ne trouve plus. Elle n’est pas contente que je joue aux playmobils au lieu de faire mes devoirs. Mumm, elle croit que je ne voulais pas les faire. Moi, je voulais les faire mes devoirs mais je cherchais mon livre de math… Et puis, j’en ai marre de faire mes devoirs, ça fait longtemps que je suis dessus. Je commence à lui répondre qu’on en a rien à faire des devoirs, que ça ne sert à rien. Elle n’a pas l’air contente maman mais je ne le vois pas vraiment. C’est moi qui ne suis pas content et puis de quoi elle se mêle d’abord ! Elle a retrouve mon livre de math et me demande de faire mon exercice. Je prends mon livre de math. Je n’ai pas envie de les faire ces exercices à la noix. Je jette mon livre par terre… »

 

Paul aime bien Marie, ils s’entendent bien. Lui surtout l’aime beaucoup, il apprécie sa compagnie. Marie n’est pas venue se mettre à coté de lui dans le rang aujourd’hui. Paul n’est pas content. Il vient se coller à elle dans le rang pour prendre sa place. Marie aujourd’hui veut se mettre à coté de Léa, elle le dit à Paul. Paul la gifle.

 

Marion, 15 ans,  a rendez-vous avec ses copines pour aller au cinéma. Ses parents ne peuvent pas l’emmener et elle doit rejoindre ses copines qui n’habitent pas à coté de chez elle. D’habitude, c’est papa ou maman qui l’emmène mais aujourd’hui, ils ne peuvent pas. Marion ne sait pas comment faire, elle sait qu’elle doit prendre le bus ou le métro. Mais quel bus, quel métro, le bus puis le métro, le métro puis le bus… ? Elle ne sait pas où trouver cette information. Elle ne sait comment s’y prendre pour trouver cette information.

 

C’est l’anniversaire de Tantine Léonine. Elle fête ses 85 ans et toute la famille est réunie. Tout le monde la complimente sur sa bonne forme et sa bonne mine. Arthur lui la regarde et devant tout le monde lui dit que sa bonne mine ne l’empêche pas de ressembler à « une vieille saucisse qui a trop cuite ».

 

Amélie discute avec sa copine Emma. Elles sont en train de discuter de leur dernière séance d’équitation. Amélie est en train d’expliquer à Emma que son moniteur leur a fait travailler le départ au galop. Léa rentre dans la pièce, elle a une atèle. Emma demande à Léa ce qui s’est passé. Amélie écoute. L’explication n’est même complètement terminée qu’Amélie coupe la parole «  je montais Fanfan, tu sais le cheval ….« .

Les fonctions exécutives : mieux les comprendre

page précedente

Fermer le menu
%d blogueurs aiment cette page :