Valérie DUBAND, Coach, formatrice et consultante, Lyon

EIP, HP, APIE… et dys

EIP et dys

Les EIP (Enfant Intellectuellement Précoce), les HP (Haut Potentiel), les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion), ces enfants qui ne rentrent pas forcément dans le moule attendu par l’Education Nationale, ces enfants peuvent aussi se retrouver en échec scolaire.

Les troubles d’apprentissage chez eux sont bien souvent moins visibles, moins flagrants. Ils constituent pourtant une population à surveiller plus particulièrement car leur potentiel intellectuel leur permet de compenser leur situation de handicap. Les dyslexies, dyspraxies, dys… et TDAH sont alors diagnostiqués tardivement avec des conséquences lourdes notamment en termes d’estime de soi.

 

Qui sont-ils ?

 

Ce sont des enfants dont les capacités intellectuelles sont au dessus de leur classe d’âge. Ce potentiel est mesuré, grâce à un test psychométrique étalonné, le test du QI.

Leur QI est supérieur à 125 (test de Wechsler). Ils représentent 2% de la population.

 

On les appelle les Enfants Intellectuellement Précoces, les EIP, les HP (Haut Potentiel), les surdoués, les APIE (Atypique Personne dans l’Intellect et l’Emotion)… Quelque que soit leur appellation, ils existent bien.

 

On se les représente bien souvent le nez plongé dans les bouquins, parlant de racines carrées à l’âge où les autres enfants butent sur les divisions, premier de la classe, tout sourire, avec une vie sociale très épanouie… par méconnaissance, par stéréotype ?

 

Un EIP peut être un enfant studieux, adorant l’école, très scolaire, calme et posé. Tout comme il peut être colérique, irrespectueux, insolent, exigent. Il peut être tout ça à la fois et c’est ce qui questionne.

 

 

Ces EIP sont avant tout des enfants, avec leur émotion d’enfant, avec leur développement affectif d’enfant…

C’est pourquoi je ne ferai pas une sacro sainte liste qui permettrait de les « détecter » comme on en trouve énormément (lisent avant le CP, passionnés par la préhistoire…). Certes, les EIP ont des points communs mais un essentiel, ils ont tous un potentiel intellectuel hors norme. C’est ce potentiel intellectuel qui les rend différent dans leur envie, leur découverte, leur interaction sociale. Et non pas, le fait qu’un enfant sache lire avant son entrée en CP.

 

 

 

Un test du QI hétérogène.

 

Un EIP n’a pas non plus forcément un test du QI homogène (homogène = pas d’écarts importants ≠ hétérogène). On parle alors de dyssynchronie. Il convient généralement d’aller creuser pour savoir si son hétérogénéité ne cache pas un dysquelquechose, un TDA/H …

 

 Pourquoi ?

 Parce que ces enfants particuliers peuvent parfaitement camoufler leur « dysfficulté » en mettant en place, grâce à leur potentiel intellectuel, des stratégies de contournement, des stratégies d’évitement, et/ou des stratégies de compensation.

 

Le retard de diagnostic est fréquent chez les EIP. Les conséquences sont alors désastreuses : échec scolaire, perte de confiance en soi, perte de l’estime de soi, dégoût de l’école… sans que personne ne comprenne réellement pourquoi cet enfant doué se retrouve dans une telle situation.

 

Parce qu’un enfant peut être EIP et dyslexique

Parce qu’un enfant peut être EIP et dyspraxique

Parce qu’un enfant peut être EIP et TDA/H…

 

 

Des idées reçues et beaucoup de préjugés.

 

S’il était surdoué, il serait premier de la classe

Avoir un enfant surdoué, c’est un effet de mode

Les parents veulent tous avoir un enfant surdoué…

 

Des préjugés et des stéréotypes qui ont la vie dure malgré un progrès, au niveau de l’information, notable ces dernières années.

 

La problématique de l’association « dys » et EIP 

 

Elle tient au fait qu’en règle générale, un EIP présentant un dys, ne correspondra pas vraiment au tableau des EIP, ni complètement au tableau d’un dyslexique, d’un dyspraxique…

 

Un EIP dyslexique

Un EIP dyspraxique

Un EIP TDAH…

 

Correspondant rarement à l’idée que l’on se fait d’un EIP, d’un dyslexique, d’un dyspraxique, d’un TDAH… et les difficultés pour les reconnaitre sont encore plus importantes quand l’enfant EIP présentent un multi-dys !

 

Le test du QI note une fort dyssynchronie, le QIT (QI Total) n’est alors pas calculable car il n’est pas représentatif du réel potentiel de l’enfant. Dans une partie des cas, les psychologues (testeurs) ne parlent pas précocité, par prudence, alors que certains items forts bien réussis la laissent présager.

 

Il est important de prendre en compte les deux aspects de l’enfant : son coté EIP et son coté « dys ». Ces deux parties étant indissociables l’enfant est alors EIP et dyslexique par exemple mais il n’est pas que l’un ou l’autre.

 

 Des bilans difficiles.

 

Avoir un enfant EIP avec un dys, c’est aussi trouvé les bons professionnels (orthophoniste, psychomotricien, ergothérapeute, orthoptiste…) qui connaissent également les enfants intellectuellement précoces et les enfants « dys ».

Les bilans, grâce à leur potentiel intellectuel, leur facilité de compensation, peuvent revenir faussés. Ils ne marquent alors rien de pathologique, juste une faiblesse à travailler alors que le handicap est bien là.

 

On voit alors des dyslexiques qui ne seront jamais diagnostiqués avant la 5ème, certains même en 1ère parce qu’ils auront mis en place des stratégies (compensation, évitement…).

Ils peuvent également être lecteur précoce, ce qui reste surprenant pour un dyslexique.

L’orthographe reste alors le point visible car récurrent de leur difficulté. Le bilan ne marque pas une vraie dyslexie, la lecture s’étant mise en place… et c’est bien souvent parce que l’orthophoniste connait le versant EIP qu’il ira « gratter » un peu plus loin pour finalement voire clairement la dyslexie.

 

Il en va de même pour les autres dys. Bon nombre d’EIP dyspraxique arrive à faire certaines choses comme nager, faire du vélo, du roller, utiliser une règle… dans un âge tout à fait acceptable (voir même certaines fois de manière avancée). La dyspraxie est alors écartée dans un premier temps. Seule, la réalisation de bilans avec des professionnels formés aux EIP permettra de mettre en évidence le dys de l’enfant.

 

 

Mais s’il y arrive : est-il vraiment « dys » ?

 

La compensation ne dure qu’un temps. A un moment donné, le château s’écoule, les stratégies ne fonctionnent plus car elles ne suffisent plus. L’enfant fatigue, ses efforts sont constants, s’en suivent des problèmes d’angoisse, de comportement.

 

Alors oui, même si quelquefois en tant que parents on peut se poser la question : il est vraiment EIP ? Il est vraiment dyspraxique ? Il est vraiment TDAH ?

Il y a de quoi s’y perdre parce que cet enfant ne rentre véritablement dans aucun des tableaux, on s’interroge alors encore et encore…

 

Il faut alors au contraire admettre les particularités de cet enfant en prenant en compte les différents versants sans en écarter un pour favoriser l’autre mais au contraire en les gérant conjointement.

 

Il faut aussi admettre que les enseignants s’interrogent aussi et c’est bien en leur donnant un maximum d’information que l’on évitera des « remises en cause » de diagnostic. Je n’entends pas par là qu’un enseignant à le droit de remettre en cause un diagnostic, loin de là, ce n’est bien entendu pas de sa compétence mais j’entends par là qu’il peut, lui aussi, comme le font certains parents, s’interroger sur cet enfant dont on lui annonce des éléments que lui ne voit pas forcément. Il s’agit bien souvent d’un manque d’informations, de connaissances.

 

L’écoute et le dialogue comme je le disais dans mon article « Parents, enseignants, instaurez le dialogue » restent le meilleure moyen pour faire avancer les choses.
 

 

Parce que la précocité est une chance qui ne doit pas être vécue comme un handicap.

 

​​

Articles sur le même sujet
 
 

 

Autres pages

Page spécifique sur la dyspraxie
Tout savoir sur la dyslexie
Page spécifique sur le TDAH
Page spécifique sur la dysphasie
Page spécifique sur la dysgraphie
Page spécifique sur les aménagements (PAP, PPS, AVS…)

 

 

 

 

Blog de Valérie DUBAND

Coach professionnelle
Spécialisée enfants et adolescents
Formatrice
Coordinatrice "dys" dans un collège lyonnais

Méthodologie : Gagner du temps en travaillant

Stage pour les adolescents - Toussaint 2017

Durant les vacances de la Toussaint, ce stage est l’occasion de prendre un nouveau départ. Il répond à la problématique de l’apprentissage des leçons :
♦ Comment apprend-on une leçon ?
♦ Comment se préparer à une évaluation ?
♦ Quelles sont les bonnes conditions d’apprentissage ?

Objectif : Apprendre à apprendre en devenant conscient de ses méthodes internes pour développer ses compétences d’attention et de mémorisation.

Date : 23-24-25-26 Octobre 2017 de 9h à 11h30
Pour les élèves à partir de la 6ème (à la seconde)

Pour information : le prochain atelier de cartes mentales a lieu en septembre.

NB : Stage Méthodologie de Pré-rentrée 2017 complet

Présentation du blog

Partage de recherche, de lecture, d'information, de conseils... concernant les handicaps invisibles : dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dysgraphie, dyscalculie, et Trouble Déficitaire d'Attention avec Hyperactivité (TDAH). Et les Enfants Intellectuellement Précoces (EIP, HP, APIE) qui peuvent également être touchés par un handicap invisible.

Newsletter : Abonnez-vous!

Articles à lire