Valérie DUBAND, Coach, formatrice et consultante, Lyon

La dyslexie : qu’est-ce que c’est ?

Dans un premier temps, nous distinguerons :

 

– Dyslexie développementale

– Dyslexie acquise

 

La dyslexie acquise est acquise suite à une lésion cérébrale par exemple ; alors que la dyslexie développementale comme son adjectif l’indique se développe au fil du temps.

 

Définition :

 

Prenons celle de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), la dyslexie est un trouble spécifique de la lecture. Il s’agit également d’un trouble persistant de l’acquisition du langage écrit caractérisé par de grandes difficultés dans l’acquisition et dans l’automatisation des mécanismes nécessaires à la maîtrise de l’écrit (lecture, écriture, orthographe…).

 

La dyslexie touchera entre 8 à 10% des enfants selon l’OMS et touche 3 fois plus les garçons que les filles.

 

Généralement, la dyslexie désigne un trouble durable du langage écrit affectant la lecture, l’orthographe et aussi l’écriture. On parle de dyslexie (troubles de la lecture) et de dysorthographie (troubles de l’orthographe). Ces troubles se distinguent d’un simple retard d’acquisition, d’un retard mental, d’un problème auditif, d’un problème visuel, d’un problème affectif, d’un problème d’élocution, du bilinguisme. Les troubles persistent dans le temps, c’est pour cela que l’on parle de trouble durable. C’est un trouble neurologique.

 

On ne parle de dyslexie qu’après deux années de retard d’apprentissage de la lecture, soit en début de ce2. Avant on parle de troubles du langage écrit, on peut soupçonner une dyslexie (prédisposition) mais avant la fin du Ce1/début du Ce2, elle ne sera pas notée comme telle dans un bilan.

 

En CP, lors de l’apprentissage et en Ce1, lors des débuts de la lecture, un enfant peut présenter des symptômes similaires à la dyslexie et faire des inversions. Ces difficultés normales (et courantes) ne deviennent pathologiques que lorsqu’elles durent au-delà du Ce1. Les erreurs de lecture au départ ne sont guère différentes entre un normo-lecteur et un dyslexique, certaines lettres ne sont pas décodées, d’autres sont permutées, ou encore substituées, on retrouve également des confusions phonologiques (t,d,p,b) ou visuelles (m,n ; p, q). La différence est alors que chez l’enfant dyslexique les erreurs sont nettement plus nombreuses et dureront bien au-delà des premiers mois de CP (c’est après février/mars qu’il faut commencer à s’interroger).

On sait que la dyslexie (voir historique) est un problème plus global que le simple apprentissage de la lecture mais plutôt un déficit du traitement phonologique.

 

Il convient alors de faire passer un bilan orthophonique qui laissera sûrement apparaître un déficit dans le traitement phonologique ou métaphonologique laissant supposer un risque important de dyslexie.

Il est alors irréaliste que les choses passeront d’elles mêmes ou d’attendre le « déclic » comme on l’entend encore souvent dire.

 

Qu’est ce que les habilités phonologiques ?

 

Ce sont les habilités du traitement des sons de notre langue. Les mots sont faits de sons et l’on peut manipuler ces sons. On parle de discernement des sons.

 

Qu’est ce que les habilités métaphonologiques ?

 

C’est en quelque sorte arriver à jouer avec les mots, une habilité à manipuler mentalement les sons de la parole. Cette habilité relève de la conscience phonologique. Elles se distinguent en plusieurs tâches : jugement, inversion, segmentation, fusion, manipulation.

En général, les tâches de fusion (impliquées dans la lecture) sont plus faciles que les tâches de segmentation (impliquées dans l’écriture sous dictée), de substitutions et d’inversion.

 

Exemple de tâche de fusion : assembler des unités syllabiques ou phonémiques. Le résultat de la fusion de ca-na-pé est canapé. La fusion des phonèmes t-o-m-a-t-e est tomate. On peut aussi travailler avec des non-mots (des mots qui n’ont pas de sens). Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.

 

Exemple de tâche de segmentation : séparer les syllabes ou les phonèmes en unités isolées. La segmentation syllabique de canapé est ca-na-pé. La segmentation phonémique de tomate est t-o-m-a-t-e. On peut aussi travailler avec des non-mots. Cette tâche est généralement plus facile avec des syllabes qu’avec des phonèmes sauf quand la structure syllabique est complexe.

 

Les problèmes les plus fréquents rencontrés chez les dyslexiques sur le plan du décodage (décodage : je lis p, puis je lis a pour lire pa) sont :

  • des confusions auditives ou phonétiques

– m et  n,

– u, p, b, d, q

– g, s et ch,

– f et v,

– a et an,

– a et o,

– u et ou,

– on et o,

– un et u,

– in et i);

Les consonnes constrictives (s, ch, j, z, f, v) sont remplacées par les consonnes occlusives (t, k, p, d,g).

Les consonnes sonores (b, d, g, v, j, s) sont remplacées par les consonnes sourdes (p, t, k, f, ch, s).

Ces confusions ne sont pas systématisées et selon les moments, l’enfant peut lire correctement ou substituer une lettre à une autre lettre.

  • des inversions  de lettres, inversion de syllabe, de certains mots (or/ro, cri/cir, on/no, bras/bar);
  • des omissions (bar/ba, arbre/arbe);
  • des adjonctions (paquet/parquet, odeur/ordeur, poltron/polteron”, escapade/cascapade”);
  • des substitutions (chauffeur/faucheur);
  • de la contamination (dorure/rorure, palier/papier);
  • une lecture du texte lente, hésitante, saccadée, avec un débit syllabique;
  • une difficulté à saisir le découpage des mots en syllabes, une ignorance de la ponctuation.

 

Sur le plan de la compréhension, le dyslexique ne saisit qu’un sens partiel, ou pas de sens du tout, de ce qu’il a déchiffré; le message du texte lui échappe totalement ou partiellement. Généralement, il n’aime pas lire et a des difficultés dans les autres matières qui font appel à la lecture ou à l’écrit comme par exemple en mathématiques lors de la lecture d’énoncés ou de problèmes dont il ne comprendra pas le sens tout en ayant parfaitement acquis la notion demandée.

 

Le test du Poucet est un est étalonné (c’est-à-dire que l’on fait un comparatif avec la moyenne des enfants du même âge) permet d’apprécier le degré de dyslexie à partir de deux critères :

–              le nombre d’erreurs au cours de la lecture

–              le temps de lecture.

 

“Le Poucet.
Robin est petit comme un pouce.
Il habite la forêt dans une jolie petite cabane pas plus grande qu’un nid.

Il s’amuse avec ses amis les oiseaux et les animaux du bois. Un jour, il alla le matin faire une promenade bien loin.

Un soir que la pluie l’obligeait à s’abriter sous un gros champignon, il rencontra un lièvre. Alors, il grimpe sur son dos. Il s’accroche à ses longues oreilles. Le lièvre s’élance. Il court vite. Le Poucet craint de glisser. Soudain, ils s’arrêtent : attention au chasseur ! Sauvons-nous dans ce buisson. “Quel poltron!” pense Robin qui veut poursuivre son escapade.”

 

Lu par un enfant dyslexique, le texte devient :

“Le son te.
Co din est pe tite comme un pu ce

il cha te la pe dans une jaune petiteca dan pas lune que din ni…”

 

Le temps de déchiffrage normal est de 1 minute et 20 secondes.

On parle de retard modéré à 2 minutes.

On parle de retard important à plus de 3 minutes.

Les erreurs sont prises en compte les pauses aussi, les auto-corrections…

 

 

L’enfant aura alors tendance à développer un dégoût pour l’écrit (écrire « juste » est tellement compliqué), certains même écrivent mal afin de dissimuler leur fautes d’orthographe (on leur reproche tellement !), et un désintérêt petit à petit pour toutes les matières où il faudra lire. L’enfant fatigue, le travail se fait lentement, il n’arrive pas à transcrire sa pensée. On comprend donc l’intérêt d’une prise en charge et du diagnostic de la dyslexie. L’enfant est alors en souffrance et il est nécessaire d’alléger celle-ci (outils et adaptations indispensables).

 

En découle généralement une dysorthographie (trouble de l’orthographe) que l’on repère par

– des fautes d’orthographe et des difficultés à l’écrit semblables à celles de la lecture ;  

– d’autres anomalies particulières à la mise en écrit (encodage);

– des erreurs de copie (des mots);

– des économies de syllabes (semblable/semble);
– des découpages arbitraires (l’ égume, il sé lance);

– des omissions (bébé/bb, liberté/librt);

– des mots soudés (l’image, limage, son nid/soni/ les épis, lézépi);

– des fautes de conjugaison, de grammaire, d’analyse;

– une lenteur d’exécution, des hésitations et une pauvreté des productions.

 

 

 

 

Les dyslexies et les dysorthographies sont dues à un mauvais fonctionnement de ces mécanismes fondamentaux du langage écrit, et notamment;

  • des fonctions langagières proprement dites (réseaux particuliers à la lecture/compréhension);
  • des fonctions permettant l’acquisition et l’utilisation du langage (attention, mémoire, notions d’espace, notions de temps, capacités de logique, de séquentialisation, d’abstraction, etc.).

 

Les dyslexies/dysorthographies sévères se manifestent généralement dès le cours primaire, alors que les atteintes plus légères peuvent passer longtemps inaperçues et ne se révéler qu’ultérieurement.

Elles peuvent également passer inaperçues plus longtemps chez les enfants EIP (Enfant Intellectuellement Précoce, HP, APIE).

 

 

Que conseille-t-on de faire alors ?

 

Faire passer un bilan orthophonique.

Faire passer un test du QI.

Faire passer un bilan ORL (un déficit auditif peut être à l’origine d’un problème phonologique).

Faire passer un bilan ophtalmo et orthoptique.

 

Il est important de faire un bilan multidisciplinaire.

 

Pour mieux comprendre les difficultés rencontrées par les dyslexiques, continuez votre lecture.

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Blog de Valérie DUBAND

Coach professionnelle
Spécialisée enfants et adolescents
Formatrice
Coordinatrice "dys" dans un collège lyonnais

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Stage pour les adolescents - Toussaint 2017

Durant les vacances de la Toussaint, ce stage est l’occasion de prendre un nouveau départ. Il répond à la problématique de l’apprentissage des leçons :
♦ Comment apprend-on une leçon ?
♦ Comment se préparer à une évaluation ?
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Objectif : Apprendre à apprendre en devenant conscient de ses méthodes internes pour développer ses compétences d’attention et de mémorisation.

Date : 23-24-25-26 Octobre 2017 de 9h à 11h30
Pour les élèves à partir de la 6ème (à la seconde)

Pour information : le prochain atelier de cartes mentales a lieu en septembre.

NB : Stage Méthodologie de Pré-rentrée 2017 complet

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