TDAH : quand on mélange version scientifique et questionnement parental.

Aahhhhhh, je tombe sur cet article (1) et je clique également sur le lien à la fin. Curieuse, je vais jusqu’au bout et tombe sur un site qui vend un traitement sensé « guérir » ou améliorer le TDAH. Les commentaires (17  commentaires !) sont élogieux : certains notent même des effets notables au bout d’une journée. On aurait presque envie d’y croire.

 

 

Le système est courant, trop d’ailleurs. Il profite de la culpabilité des parents qui donnent du méthylphénidate à leur enfant souffrant de TDAH. En effet, même si la presse veut souvent nous faire croire que la méthylphénidate rend les enfants sages et que les parents le donnent à leur progéniture comme solution de facilité, les parents d’enfant souffrant de TDAH savent bien à quel point donner du méthylphénidate (ritaline®, concerta®) est difficile et questionne. C’est justement sur ce créneau que ces publicités agissent.

 

Du naturel aux promesses multiples

Des plantes, de l’homéopathie, des fleurs, des herbes, des huiles… sensés améliorer l’attention, sensés réduire l’hyperactivité… Un médicament miracle, bien sûr ! Un médicament qui joue sur la corde du naturel, du « bien meilleur pour la santé ». Des arguments qui font mouche et déstabilisent bien des parents.

 

Bien souvent les promesses sont multiples : attention, impulsivité, hyperactivité pour aller jusqu’à des termes plus généraux : troubles du comportement, troubles d’apprentissages… et oui, il faut ratisser large ! Certains promettent même une guérison.

 

Or, le TDAH est un trouble neurologique,

durable, persistant.

 

 

C’est bien parce que les parents d’enfant TDAH recherchent des solutions. La réponse est multi-modale avec une approche médicamenteuse. L’approche médicamenteuse questionne. Le méthylphénidate est un psychostimulant, il agit sur le cerveau. On pense alors aux effets secondaires… et un petit tour sur Internet ne rassure pas. On peut même lire que « La recherche a montré que l’utilisation de ces médicaments a très peu, voire pas d’effets positifs, à long terme » (2). La dernière polémique concernant le contrôle des médicaments (affaire du Médiator) aggrave les questionnements notamment en termes d’effets secondaires.

 

Amalgame méthyphénidate et « drogue »

Un amalgame est fait alors entre drogue et méthylphénidate pour évoquer les effets secondaires. Le méthylphénidate est un médicament listé (liste I, II et stupéfiant) dans la classe des stupéfiants, délivrés sous ordonnance, sous PIH (médicament à Prescription Initiale Hospitalière).

Nos spécialistes ont beau expliqué que les effets secondaires sont connus, ont beau expliqué le cout / bénéfice pour l’enfant, reste toujours ce questionnement de savoir si l’on fait bien pour son enfant, si on a fait le bon choix. Or, on oublie que les médicaments dit « naturels » présentent aussi des effets secondaires (ou alors ils n’ont réellement aucun principe actif) et que ces effets secondaires sont moins étudiés que les médicaments délivrés avec ordonnance. Les médicaments de type alternatif foisonnent alors et, paradoxalement, l’idée qu’ils sont « naturels » les rend plus surs.

Sans parler des cocktails de médicaments soit disant naturels qui peuvent être fait et dont personne ne prend en compte les interactions possibles et donc les effets secondaires qui peuvent être graves.

La prise en charge du TDAH est multimodale c’est-à-dire qu’elle inclut plusieurs modes d’action dont une prise en charge médicamenteuse allopathique.

 

La crainte de la dépendance

La crainte est que ce traitement provoque une dépendance et soit l’amorce d’un état de futur « drogué ». Les personnes souffrant de TDAH ont comme facteur de risque les troubles de conduite (dont la toxicomanie fait partie). Or, les études montrent que le traitement exerce un effet plutôt protecteur, abaissant les problèmes de troubles de conduite. (5)

 

Voir la vidéo : le TDAH, ça se traite (mise en lien du traitement et des risques des troubles de conduite)

 

Le choix réfléchi d’un médecin

Rappelons aussi, comme le précise l’association TDAH France (3) qu’un » traitement médicamenteux peut être prescrit lorsque l’enfant présente un TDAH suffisamment sévère pour entraver ses apprentissages sociaux et scolaires et lorsqu’il présente une souffrance importante du fait de son trouble. » et que comme la prise en charge est sur différents axes, elle ne s’arrête pas à la simple prise médicamenteuse (psychomotricité, thérapies comportementales…).

C’est donc le médecin et seulement un médecin spécialiste qui décide si ce traitement convient à tel enfant prenant en compte cet enfant dans son ensemble (médical bien sûr et également familial, social, scolaire…).

 

Je conclus en prenant les propos du Docteur Konofal lors de son chat après l’émission « Allo Docteur » sur le thème du TDAH(4) : la Ritaline® agit sur le DAT (Transporteur de Dopamine), elle a donc un effet « neuroprotecteur » dans le sens où elle empêche le mauvais fonctionnement des systèmes dopaminergiques et noradrénergiques. Elle existe depuis 1940.

 

 

(1)Article :   ( ayant été écrit le 23/05/2011 cet article, le lien n’existe plus vers « les traitements pour le tdah méfiez-vous de nouveaux traitements non prouvés… » n’existe plus. Néanmoins, les traitements par méthylphénidate font toujours couler beaucoup d’encre).

(2) par exemple ici 

 (3) TDAH France : Traitement et thérapie

(4) lien vers la page du chat avec le Docteur Konofal.

(5)

 

Ecrit en Mai 2011; Modifié en janvier 2013

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