TDAH : dépendance aux jeux vidéos

Dépendance aux jeux vidéo : les signes à surveiller

Jeux vidéos

 

Problèmes scolaires, abandon du sport et de la vie familiale sont autant de symptômes caractéristiques d’un joueur pathologique.

 

Enfermé dans sa chambre, votre enfant est accroché à son ordinateur, les yeux rivés sur son écran, hermétique à toutes remarques ou demandes tant son attention est retenue par son jeu vidéo et par les autres jeunes qui «en ligne» évoluent dans le même monde virtuel que lui… Est-ce grave docteur?

 

Les nouvelles addictions : tel était le thème de la séance hebdomadaire de l’Académie de médecine qui s’est tenue mardi avec, notamment, la question de l’addiction des jeunes aux jeux vidéo. Or sur ce thème, Marie-France le Heuzey, pédopsychiatre à l’hôpital Robert-Debré à Paris, se veut à la fois vigilante et rassurante. Vigilante, car il existe effectivement des cas de jeunes qui se font happer par le jeu. Une étude menée à Singapour, auprès de 3034 enfants d’école élémentaire et secondaire, a montré que 83 % d’entre eux jouaient occasionnellement (la moyenne est de 19 heures par semaine) tandis que 9,9 % étaient considérés comme des joueurs pathologiques avec une moyenne de 31 heures hebdomadaires. Des joueurs pathologiques qui l’étaient toujours deux ans plus tard alors que seulement 1 % de ceux qui ne l’étaient pas le sont devenus. Peut-on dès lors établir un lien direct entre temps passé et risque de pathologie?

 

Des études contradictoires

 

 

«Il faut bien sûr regarder le nombre d’heures que l’enfant passe à jouer, mais il est difficile de déterminer un seuil exact»

 

«Il faut bien sûr regarder le nombre d’heures que l’enfant passe à jouer, mais il est difficile de déterminer un seuil exact», poursuit le médecin. Ce sont plutôt les conséquences qu’il faut regarder: «Lorsque l’enfant décroche de la vie familiale ou scolaire, qu’il ne veut plus se lever le matin, qu’il abandonne ses activités sportives… Ce sont autant de signes d’alerte», explique le médecin. Marie-France le Heuzey reste prudente sur le lien de causalité éventuel entre un usage abusif de jeux vidéo et l’hyperactivité de certains jeunes: si le lien entre TDAH (trouble déficit de l’attention/hyperactivité) et Internet a été repéré depuis plusieurs années, y compris chez les enfants, la seule étude portant sur les jeux vidéo «ne permet pas de dire si c’est le fait de jouer aux jeux vidéo qui aggrave l’inattention et le TDAH ou si les adolescents TDAH sont enclins à jouer plus».

 

 

«Lorsque l’enfant décroche de la vie familiale ou scolaire, qu’il ne veut plus se lever le matin, qu’il abandonne ses activités sportives… Ce sont autant de signes d’alerte»

 

Pour la pédopsychiatre, c’est bien sûr aux parents qu’il revient de surveiller leurs enfants, de s’assurer qu’ils ne se couchent pas après 22 heures en semaine, bref, de fixer des règles de vie. «C’est comme pour la nourriture. On ne laisse pas son enfant manger n’importe quoi et à n’importe quelle heure», précise-t-elle. Marie-France Le Heuzey se refuse par ailleurs à employer le terme d’addiction: «Attention à ce mot qui est mis un peu à toutes les sauces.»

 

«C’est comme pour la nourriture. On ne laisse pas son enfant manger n’importe quoi et à n’importe quelle heure»

 

Les études internationales ne sont d’ailleurs pas unanimes sur ce point. Les jeunes dont la vie est tellement déréglée par le jeu qu’il faut les hospitaliser «supportent parfaitement le sevrage», souligne-t-elle, à la différence des personnes toxicomanes ou alcooliques. Sans oublier que, dans des conditions normales, les jeux vidéo «enseignent aussi l’apprentissage par la réussite, ils encouragent à la persévérance, ils apprennent à être actifs, les capacités de maîtrise sont renforcées…», rappelle-t-elle. Autant d’arguments que beaucoup de jeunes pourront exploiter.

 

 …les jeux vidéo «enseignent aussi l’apprentissage par la réussite, ils encouragent à la persévérance, ils apprennent à être actifs, les capacités de maîtrise sont renforcées…»

 

Source : sante.lefigaro.fr, publié le 12/01/2012 par Marielle Court.

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