Dysphasie : Une Unité de Recherche Clinique se penche sur la dysphasie

Trouvé dans la presse

L’Unité de recherche clinique se penche sur la dysphasie

 

L’hôpital Henri-Laborit abrite depuis peu une Unité de recherche clinique (URC) qui vient de produire ses toutes premières conclusions sur la dysphasie.

L’Unité de recherche clinique mise en place à l’automne au sein de l’hôpital Henri-Laborit a pour vocation de développer des études. Le Pr Joël Uzé, responsable du Centre référent des troubles du langage à l’hôpital Laborit, travaille aussi au sein de cette entité et avance les premiers résultats « robustes » sur la dysphasie.

Pouvez-vous nous en dire plus sur cette Unité ?

C’est une unité de recherche unique, financée par l’Agence régionale de santé, est placée sous la responsabilité du docteur Nemat Jaafari dans le service du Pr Jean-Louis Senon. Elle a une vocation transversale et favorise les activités de recherche émanant du personnel d’Henri-Laborit ; les médecins, psychologues, infirmiers… pour développer avec une méthodologie rigoureuse des études. Nous sommes voisins du CHU, qui a aussi toute une activité de recherches cliniques qui s’articulent autour des neurosciences. On souhaitait cette URC pour ne pas être tout à fait noyé dans les neurosciences parce qu’à côté il y a les Sciences humaines, avec l’étude de l’Homme dans la famille, la société, la culture, dans sa vie. L’Homme est un neurone qui fonctionne dans son environnement.

Actuellement, l’Unité travaille sur quel thème ?

La toute première à être financée par l’URC est la recherche sur la dysphasie – sur trois ans – et en particulier sur le devenir de ces enfants et adolescents.

Qu’est-ce que la dysphasie et combien d’enfants seraient concernés ?

C’est un trouble développemental et permanent du langage oral qui s’inscrit dès le début du langage de l’enfant. Ce n’est pas un retard de parole, c’est une déviance linguistique. 1 % des enfants sont gravement handicapés dans le développement de leur langue orale et seront toute leur vie peu à l’aise, de façon modérée ou sévère, avec le maniement de la langue orale.

On peut soigner ce trouble ?

La dysphasie ne se guérit pas, elle est reconnue comme un handicap mais un « handicap scolaire ». Tous ces enfants dysphasiques sont des enfants intelligents. Ils sont indemnes de toutes autres pathologies.

Il ne faut donc pas les mettre à l’écart ?

Il a fallu du temps pour imposer qu’ils devaient être scolarisés. Le CP et CE1 sont des années primordiales. Leur porte de sortie, c’est la maîtrise de la langue écrite. Même si c’est compliqué, ils y arrivent. Nous travaillons en collaboration et à partir des hypothèses du Pr Judy Reily de l’université de San Diego. Notre recherche porte sur douze enfants de 7 à 11 ans et une douzaine de 12 à 18 ans que nous suivons pendant plusieurs années et comparons à travers des tests à des enfants « tout venant ». On s’aperçoit qu’à l’adolescence, ils ont exactement les mêmes compétences en langage écrit. Les efforts que l’on mène pour préserver ces enfants dans leurs premières connaissances, c’est payant même s’ils évoluent plus lentement. Ils ont des capacités intellectuelles pour pouvoir continuer au collège, au lycée, ou en études supérieures. Il ne faut pas s’arrêter en chemin. Pour eux, c’est la possibilité de s’intégrer le plus possible dans la société. On a vraiment une perspective de normalité.

 

« On s’aperçoit qu’à l’adolescence, ils ont exactement les mêmes compétences en langage écrit. Les efforts que l’on mène pour préserver ces enfants dans leurs premières connaissances, c’est payant même s’ils évoluent plus lentement. Ils ont des capacités intellectuelles pour pouvoir continuer au collège, au lycée, ou en études supérieures. »

 

Source : lanouvellerepublique.fr, publié le 25/01/2012

Fermer le menu