dyslexie, dyspraxie, EIP, TDAH : récompense, stress, et apprentissage

Récompense, stress et apprentissage…

un lien avec la motivation ? 

 

J’ai toujours pensé que les renforcements de comportements positifs étaient liés à un système de récompense (individuel) mais surtout qu’ils étaient « incompatibles » avec un système de punition : l’aspect stressant de la punition ayant des conséquences collatérales importantes sur la confiance en soi et l’estime de soi.

Si certaines régions cérébrales peuvent se mettre à travailler pour éviter les punitions, les chercheurs semblent avoir démontré que l’on apprend également par un système de récompense. (1)

Nous connaissons tous cette expression « on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre » ; autrement dit, même si nous ne sommes pas de mouches, nous sommes également plus attirés par des choses plus douces, plus appétissantes : la force n’est donc pas une solution et la douceur semble plus à propos, notamment lorsque l’on veut obtenir quelque chose de quelqu’un.

 

Apprendre dans un contexte bienveillant

 

Il est certain qu’il est plus facile d’apprendre dans un contexte bienveillant. Certain ? J’ai appris que ce qui parait évident ne l’est pas forcément pour tout le monde.

Le stress réduit les capacités d’apprentissage de l’enfant. C’est ce qu’un chercheur américain a avancé en s’appuyant sur des études étalées sur plusieurs années. (2) Les enfants, face au stress, sont obligés de mettre en place des stratégies. Ce sont ces stratégies qui affectent leur développement.

Le cortisol est ce que l’on appelle couramment l’hormone du stress. Lorsque cette hormone est libérée, elle provoque plusieurs réactions :

–       Une augmentation de la glycémie

–       Régulation du métabolisme des graisses, protéines, glucides

Ces deux réactions permettent de libérer de l’énergie.

–       Diminution de l’activité immunitaire

–       Régulation de l’état veille/sommeil…

Face à une situation stressante (physique et/ou psychologie), nous libérons cette hormone mais de manière plus élevée. Lorsque son taux est anormalement élevé, ces effets sont alors nettement accrue et engendre des effets néfastes. Par exemple, le stress agit sur les défenses immunitaires en diminuant de manière significative la défense immunitaire elle-même (3). Il rend donc plus fragile aux infections. Il agit également sur le sommeil. En effet, le taux de cortisol diminue normalement en début d’après-midi ; la sécrétion de la mélatonine augmente quand le cortisol diminue ; autrement dit, plus vous stressez, plus votre taux de cortisol est élevé, moins vous secrétez de la mélatonine : à vous les insomnies !

 

Trop de stress tue l’apprentissage

 

Les enfants habitués au stress réussissent généralement moins bien que les autres. Le cortisol a un impact significatif sur la mémoire de travail (4) et également sur l’attention sélective ( l’attention sélective permet de centrer sur un seul point et d’ ignorer les autres). En situation de stress excessive, le potentiel de l’enfant est érodé ; ses aptitudes à réussir à l’école diminuent. (2)

 

 

 

Et le stress dit positif ?

 

Stresser est une situation normale. Le stress est souvent présent au début d’une nouvelle expérience ou dans certaines situations. Généralement son niveau monte légèrement puis il redescend. Dans ces conditions, la tâche à accomplir peut être réalisée correctement. (2)

Un peu de stress permet d’améliorer le niveau de vigilance et donc les performances. Le stress est donc positif car il nous permet de nous adapter. Il nous encourage à aller au-delà de nos limites, à être plus efficace…tant que nous avons les ressources nécessaires pour nous adapter.

Le stress devient négatif lorsque nous n’avons pas les ressources nécessaires pour nous adapter à la situation et ce malgré toute l’énergie déployée (sucre, protéines, graisse…). Les émotions prennent alors le relais et nous envahissent.

 

Apprendre à gérer son stress

Si comme nous l’avons vu le stress peut avoir des effets bénéfiques, il faut :

–       Que son niveau reste raisonnable et surtout redescend au cours de l’exécution de la tâche

–       Avoir les ressources d’adaptation nécessaires pour réaliser la tâche demandée.

 

Chaque point demande un travail personnel. Sachez-le ce travail est tout à fait possible et apprendre à réguler son niveau de stress fait aussi partie des choses qui s’apprennent. (voir comment apprendre à gérer son stress en situation d’examen, d’évaluation, de contrôle…)

Une récompense comme objectif de réussite

L’équipe de Mathias Pessiglione (Inserm 975) a cherché à savoir si la motivation était liée une région distincte du cerveau. Plus exactement, si les efforts qu’il faut produire (mentaux ou physiques) sont liés à un centre de motivation ou par certaines parties du cerveau.

Nous sommes effectivement plus motivés pour réaliser une tâche surtout si elles nous demandent un effort (physique ou mental) si cette tâche nous apporte au final une récompense. Pour le sportif, une récompense peut être le fait d’être reconnu socialement par exemple ; pour l’étudiant, une réussite à son examen lui apporte comme récompense de penser mieux réussir la carrière qu’il envisage ; l’enfant qui ramène des bonnes notes est content d’aller à l’école et apprécie y aller.

 

 

Être motivé, c’est avoir un objectif personnel et que l’on a confiance dans nos capacités et moyens pour l’atteindre.

Les chercheurs ont constaté que plus la motivation était importante, plus une partie de notre cerveau s’activait (le striatum ventral). Ce striatum ventral s’active plus activement lorsque sont associés effort physique et activité mentale. Il pourrait commuter les connexions suivant la demande physique ou mentale (8).

 

En conclusion,

 

Pour favoriser les situations d’apprentissage et permettre à l’apprenant d’exprimer correctement son potentiel, il est nécessaire de le faire dans un contexte bienveillant, en diminuant les situations de stress et notamment de stress excessives qui finissent par provoquer de véritables blocages. Il est également important d’instaurer un système de récompense lié à la motivation personnelle de l’apprenant lui-même. L’aider à viser son objectif personnel lui permettra d’être motivé et de développer ces ressources d’adaptation.

 

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(1) Critical Roles for Anterior Insula and Dorsal Striatum in Punishment-Based Avoidance Learning – Stefano Palminteri , Damian Justo , Céline Jauffret, Beth Pavlicek, Aurélie Dauta, Christine Delmaire, Virginie Czernecki, Carine Karachi, Laurent Capelle, Alexandra Durr, Mathias Pessiglione

(2) Stress Relief Can Be the Key to Success in School- Clancy Blair

(3) Psychological Stress and the Human Immune System: A Meta-Analytic Study of 30 Years of Inquiry – Suzanne C. Segerstrom, Gregory E. Miller

(4) Enhanced memory for emotional material following stress-level cortisol treatment in humans – Tony W. Buchanan, William R. Lovallo

Working memory is more sensitive than declarative memory to the acute effects of corticosteroids: A dose–response study in humans – Lupien, Sonia J.; Gillin, Christian J.; Hauger, Richard L.

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