Dossier sommeil : identifier des coupables

Comprendre la décomposition de la lumière

 

La lumière blanche, c’est la lumière naturelle du soleil. Cette lumière blanche est composée de plein de couleurs, on parle de spectre : violet, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Généralement, on dit que ce sont les couleurs de l’arc en ciel. En réalité, il y a une infinité de couleurs. La lumière blanche est donc une superposition de toutes ces couleurs.

Pour voir toutes les couleurs de la lumière blanche, on peut utiliser un prisme. Certains filtres colorés peuvent arrêter certaines couleurs et en laisser passer d’autres. Généralement, un filtre laisse passer la lumière correspondante à la couleur du filtre. Un filtre rouge par exemple laissera passer la lumière rouge. Les autres couleurs du spectre ne se voient plus. Ces filtres laissent donc passer des couleurs et en arrêtent d’autres. Un filtre jaune, par exemple, laisse passer uniquement les couleurs autour du spectre rouge, jaune et vert.

spectre filtre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous ne sécrétons pas de mélatonine dans la journée (ou très peu) puisque nous percevons la lumière du soleil, ou plus exactement nous percevons la lumière bleue renfermée dans la lumière blanche du soleil (spectre de la lumière). Or, lorsque nous sommes soumis tardivement à une lumière bleue[1] (écrans d’ordinateur, tablettes, led…), la sécrétion de la mélatonine peut être ralentie de 3 à 6 fois[2]. Et c’est cette même lumière bleue qui en diminuant nos indicateurs de somnolence permettrait une augmentation de notre attention et notamment de notre attention soutenue (celle nécessaire pour la réalisation de tâches monotones).

Le niveau de lumière influence donc notre sécrétion de mélatonine. On se met à la sécréter quand la luminosité baisse. La lumière des écrans (ordinateur, télévision, console, led…) affecte également cette sécrétion. Or, l’exposition à la lumière fausse l’information donnée à notre cerveau et retarde donc l’endormissement.

Les éclairages artificiels sont venus fausser ces données en bouleversant nos rythmes jour-nuit. Les écrans (ordinateurs et autres tablettes) participent aussi à ce phénomène. Plusieurs études montrent que dans le spectre de la lumière, ce sont les lumières dites froides et notamment les lumières bleues qui dérèglent le plus. Les couleurs chaudes (jaune, rouge par exemple) n’impactent pas la mélatonine. La lumière bleue, quant à elle, a même été nommée « spectre d’action ».

 

Identifier des coupables :

 

On commence alors à comprendre comment nos ados peuvent passer des heures sur leur ordinateur ou tablettes numériques en perdant cette notion de temps : leur attention est renforcée grâce au spectre des lumières chaudes[3]. Les adolescents, en plus, diversifient leur support – ils passent de l’ordinateur, à la tablette numérique, à leur console de jeux – et notamment le soir. Et comme ils ont déjà un déphasage physiologiquement naturel, ils sont d’autant plus impactés par les effets de ces nouvelles technologies. Par souci d’économie et pour des raisons écologiques, leur ampoule est souvent une LED. Le sommeil peut alors encore être retardé. Tous écrans devraient donc être éliminer 2 à 3 heures avant l’heure du coucher : un blasphème pour ces ados qui ont le sentiment d’être coupé du monde !

ÉPINGLONS LES COUPABLES
ÉPINGLONS LES COUPABLES

Pour réduire ces effets, il existe des lumières dont le spectre est dans celui des lumières chaudes ou le port de lunettes à verre orange qui bloque les lumières bleues. Nous pouvons aussi retenir que ces lumières à spectre bleu augmentent la vigilance (et donnent un meilleur confort visuel).

 

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[1] Christian CajochenSylvia FreyDoreen AndersJakub Spät, Matthias BuesAchim ProssRalph MagerAnna Wirz-Justice, andOliver Stefani : Evening exposure to a light-emitting diodes (LED)-backlit computer screen affects circadian physiology and cognitive performance – Journal of Applied Physiology 1 mai 2011 vol. 110 no. 5 1432 au 1438

[2] Wood B, Rea MS, Plitnick B, Figueiro MG : Light level and duration of exposure determine the impact of self-luminous tablets on melatonin suppression , Applied Ergonomics, 2013; 44(2):237-240

[3]  Chellappa SL, Steiner R, Blattner P, Oelhafen P, Götz T, et al. (2011) Non-Visual Effects of Light on Melatonin, Alertness and Cognitive Performance: Can Blue-Enriched Light Keep Us Alert? PLoS ONE 6(1): e16429. doi:10.1371/journal.pone.0016429
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