Bouger en apprenant

Bouger en apprenant ou bouger pour mieux apprendre.

 

Bouger en apprenant ou bouger pour mieux apprendre. Vous le retrouvez en train de faire le poirier ou en train de sauter sur son lit pendant qu’il apprend sa leçon. Vous vous agacez face à cette attitude qui n’est pas celle que vous attendez d’un enfant sensé travailler. Mais travaille-t-il ou joue-t-il ?

 

 

Le poids des stéréotypes.

 

Pour la plupart des gens, une bonne attitude, pour apprendre une leçon, est d’être assis correctement à une table, son cahier ou classeur devant les yeux. Pour certains apprenants, cette attitude est un signal de mise au travail et, une fois les distracteurs enlevés, elle participe à leur concentration. Au contraire, pour d’autres, cette attitude freine leur mémorisation.

C’est l’exemple de Léo qui arpente son couloir tout en apprenant sa leçon. Sa mère le voit marcher tout en marmonnant et faire un demi-tour très stylisé. C’est l’exemple d’Estéban qui fait le poirier pendant qu’il récite sa leçon ou encore d’Emma qui fait un pas puis tourne sur elle-même.

Pour une grande partie des adultes, ces attitudes ne sont pas estimées comme des attitudes de travail. Ces jeunes sont alors, bien souvent, invités à s’asseoir et adopter une position visible de travail.

Lire l’article : sois attentif et concentre-toi

Bouger en apprenant.

 

Bien des adultes reconnaissent que rester 6 heures assis sur une chaise sans bouger leur est insupportable. Si vous êtes retourné en formation en tant qu’adulte, vous avez sûrement constaté à quel point il peut être difficile de rester assis longtemps et qu’au bout d’un moment vous aspirez à vous lever et bouger. Nos jeunes peuvent rester assis pendant 6 heures, voire plus pour certains dans une journée. Néanmoins, il paraît normal qu’une fois rentrer chez eux, on (autrement dit la société de manière générale) attend qu’il reprenne cette attitude (table, chaise) pour apprendre.

 

Marylou que l’on a forcée de rester assise se balance et se dandine constamment sur sa chaise. Josselin s’agace quand on lui demande de s’asseoir pour apprendre sa leçon, certains soirs cela engendre même un conflit avec ses parents.

« Comment peux-tu apprendre comme ça ? »

 

Et pourtant !

 

Certains jeunes se retrouvent complètement bloqués quand on leur demande d’apprendre assis, sans bouger. Pour Léo, Estéban ou encore Emma, bouger participe à faciliter leur mémorisation.

Bouger et bouger : pour Léo, Estéban ou encore Emma, bouger est donc indispensable. Mais n’y  a-t-il qu’une manière de bouger ? Bien sûr que non ! C’est la mère d’Eliot qui m’explique qu’il fait le pitre au lieu de travailler. En fait, Eliot mime ses leçons d’histoire alors que pour sa mère cela ressemble à un mauvais break dance.

C’est Clément qui prend un élastique, l’arme entre ses doigts et le fait partir le plus loin possible. Clément vise le mot important.

Toutes ces méthodes peuvent paraître farfelues néanmoins, il n’existe pas de bonne ou de mauvaise méthode : il existe des méthodes qui marchent.

 

 

Bien souvent, les parents s’inquiètent de cette attitude peu conforme.

Si lorsque votre enfant bouge, il apprend sa leçon : laissez-le bouger.

Si le voir bouger, vous agace, sortez de la pièce.

 

 

 

Cet article a 4 commentaires

  1. Mon Josselin issu de la planète Dys, bougeait énormément ! Il se couchait même en travers sur la chaise lors des devoirs à la maison’ comme s’il voulait nager ! Il m’a usé le paillage des chaises tellement il se tortillait durant les devoirs ! En cours la maîtresse l’attachait pour pas qu’il bouge !

    1. Autre temps, espérons-le !
      Les devoirs restent souvent un moment difficile pour les « dys ».

      Bonne et douce journée.

      Valérie

  2. Il existe plusieurs solutions pour faire bouger un élève. Cependant, en classe, un élève qui bouge dérange. Il est maintenant possible de bouger sans faire de bruit. Cette innovation s’appelle le Vélo-pupitre. Ce vélo permet de travailler tout en bougeant. L’activité physique en classe ou au travail peut constituer un traitement non médicamenteux efficace pour certaines personnes. L’activité améliore particulièrement les symptômes d’inattention, d’hyperactivité, d’impulsivité et d’anxiété. Le vélo-pupitre est très populaire au Canada.

    1. L’idée est innovante en effet.
      Rappelons que le traitement médicamenteux, dont vous parlez, permet d’aider en matière de concentration et donc d’attention, son action sur l’hyperactivité est un bénéfice secondaire lorsqu’elle est présente.
      Je m’interrogerai sur l’effet distracteur que peut avoir ce pupitre vélo sur les autres élèves d’une classe.
      Il peut sûrement être une solution pour certains apprenants.

      Je vous espère une bonne et douce journée ensoleillée.

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