A la découverte de « J’ai un ado… mais je me soigne » d’Oliver REVOL


J’ai lu pour vous « J’ ai un ado … mais je me soigne. »

 

 

J’ai un ado… mais je me soigne.

Olivier Revol

Editions JC Lattès

Tarif : 18 €

 

 

La quatrième de couverture nous donne un aperçu « affalé dans un canapé, la musique en perfusion dans chaque oreille, il est « crevé ». Ranger ses affaires est au-dessus de ses forces. Et d’ailleurs à quoi bon ? « On peut plus rien lui dire », « il ne quitte sa chambre », « il veut tout arrêter, les cours, le sport fermé », « il menace de quitter la maison », « elle n’avale plus rien », « il fume n’importe quoi ». Désemparés, les parents ont l’impression de se heurter une porte verrouillée dont le code aurait changé. »

Après nous avoir dit « Même pas grave ! L’échec scolaire, ça se soigne » (Lattès, 2006), aujourd’hui, le docteur Olivier Revol nous rappelle que l’adolescence n’est pas une maladie. Nous découvrons Enzo, Arno, Zoé, Boris… Des adolescents au parcours plus ou moins difficile pour lesquels il a su, dans son rôle de pédopsychiatre, apporter soutien et conduire un peu plus loin. Le style est léger, on retrouve tout l’humour d’Olivier Revol, celui qui nous fait comprendre que, si l’adolescence est « un passe-âge *», elle est une période qui permet de se construire.

Il y a, bien sûr, en premier lieu l’invasion hormonale, liée à la puberté, qui change tout : l’acceptation de ce nouveau corps, l’acceptation de ces transformations. Cette période où l’on est plus un enfant et l’on n’est pas encore un adulte. Une période où les parents, dont ils doivent se démarquer, se désengager, pour mieux exister se retrouvent souvent perdus. Il rappelle alors aux parents que face aux conflits aux oppositions aux provocations ils leur restent malgré tout un moyen d’agir : « appliquer le principe d’Archimède. Succès garanti. Explication : plus les parents vont assister, plus l’ado va résister. »

 

Grâce aux progrès de l’imagerie cérébrale, nous savons, aujourd’hui, que le cerveau continue d’évoluer bien au-delà de 18 ans. C’est à l’âge de l’adolescence qu’il va se spécialiser avec des neurones qui seront plus entraînés sur certaines tâches, les plus courantes. C’est bien parce que leur cerveau devient de plus en plus spécialisé, entraîné que leurs capacités deviendront plus rapides. Et en même temps durant cette période, ils ne sont « pas encore équipés ». On comprend mieux alors pourquoi les ados ont du mal à planifier, à s’organiser, à gérer leur émotion, non pas qu’ils soient devenus stupides ou incapables, mais bien que leur cerveau prend du temps pour arriver à maturité. Le penchant pour le risque, les ravages de l’alcool, l’addiction aux écrans, les scarifications, le cannabis, les angoisses, la dépression, l’anorexie… sont également abordés. Le Dr Revol nous rappelle alors qu’il est inutile de médicaliser l’adolescence de manière excessive, qu’elle n’est pas généralement pathologique et nous fait toucher du doigt la différence entre « la crise » normale et les troubles de l’adolescence. Il nous rappelle également que le suicide est la 2de cause de mortalité chez les adolescents et que fasse à ce fléau, nous avons un vrai rôle à jouer.

 

Avec humour, il nous explique qu’il n’a pas de recettes miracles, que même lui a eu des échecs avec ses enfants, que personne n’est parfait ! L’idée pour les parents est de rester parents et de faire preuve d’une fermeté bienveillante : décontaminer les situations bloquantes éviter les excès, ouvrir le dialogue, et maintenir le cap.

 

décontaminer les situations bloquantes éviter les excès, ouvrir le dialogue, et maintenir le cap

 

Je me souviens avoir entendu le docteur Olivier Revol en conférence sur le thème de l’adolescence et aujourd’hui, quand j’entends « qu’il ou elle est trop fatigué pour débarrasser le bol qui git sur la table », quand je vois que j’ai du mal à récupérer mon téléphone, quand j’entends dire qu’  « il/elle en a marre », que « c’est nul »… Je souris alors « intérieurement » en me rappelant que tout ça est bien « normal » et qu’il convient encore une fois de regarder le verre à moitié plein plutôt qu’à mettre à moitié vide, qu’il faut maintenir le dialogue, et que ce n’est qu’un passage dont ados et parents sortiront tous deux grandis.

 

Un livre à lire et à relire… Si vous avez autour de vous des parents d’adolescents, une merveilleuse idée de cadeau pour Noël !

 

 

 

(* Xavier Pommereau )

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